Breaking Bad

Breaking Bad

Chaîne : AMC
Date de création : 2008
Statut : Terminée (2013)
Nombre de saisons : Cinq saisons

Critique initialement écrite le 30/09/2013

Synopsis

Breaking Bad, c’est l’histoire de Walter « Walt » White, professeur de chimie dans un lycée. Il réside à Albuquerque (Nouveau-Mexique) avec sa femme, enceinte, Skyler, et son fils Walter White Jr. (ou Flynn) souffrant d’un handicap.
Malgré qu’il soit entouré de sa famille, ainsi que de Hank et Marie Schrader (Marie étant la sœur de Skyler), sa vie, c’est déjà pas l’éclate. Et ça l’est encore moins lorsqu’il apprend qu’il souffre d’un cancer des poumons, en phase terminale qui plus est. Il ne lui reste que deux années maximum. Pour aider sa famille à subvenir à ses besoins et à se payer ses soins médicaux, Walt va produire de la méthamphétamine de très bonne qualité grâce à ses connaissances en chimie. Il sera aidé par Jesse Pinkman, un de ses anciens élèves, à la fois drogué et dealer, qui lui permet d’avoir un réseau. Leur « cuisine » comme ils aiment l’appeler commence à bord d’un camping-car en plein milieu du désert. Bien évidemment, personne n’est au courant de leurs manigances. Ce n’est pas pour autant qu’ils seront en sécurité, car dans ce milieu, on ne fait de cadeau à personne, et surtout pas à ses « concurrents ». Leurs vies vont alors se compliquer radicalement. Leur production va finir par prendre de grandes proportions, Walt et Jesse vont se faire pas mal de pognon, et pour blanchir leur argent, ils vont avoir besoin de quelqu’un. Et ce quelqu’un, c’est Saul Goodman, un avocat pas comme les autres, corrompu jusqu’à la moelle.

Générique, OST et jeu d’acteur

Le générique est assez simple et à la fois unique. On voit ce tableau de Mendeleiev avec ses éléments se décomposer pour former les premières lettres de Breaking Bad, dans des couleurs jaunes-vertes, suivies de fumée. Le tout accompagnée de cette musique (qui existe dans une version « longue » de 1min14), ces cordes de guitare qui claquent et vibrent dans vos oreilles. Le générique étant toujours placé après une scène d’introduction toujours très énigmatique, qui se révèle être plus claire en fin de saison.

L’OST me fait penser un peu à celle de Dexter, avec cette partie aux sonorités hispaniques, qui au final sera présente en majorité dans la série, et cette autre partie qui peut utiliser des musiques de genres différents ; elles seront dans tous les cas utilisées au bon moment, au bon épisode, à la bonne scène, pour mettre en valeur ces moments sublimes de la télévision.

Le jeu d’acteur est excellent, les récompenses reçues sont belles et bien méritées.
Bryan Cranston (Walt) est pour moi un TRES GRAND monsieur, l’un des meilleurs (si ce n’est le meilleur) acteur(s) de ces dernières années. Il arrive à nous faire oublier son personnage de Hal (Malcolm In The Middle), pourtant très marquant et très réussi, en quelques secondes. D’un regard, il arrive à nous faire comprendre qu’avec lui, ça déconne pas.
Très réussi pour Aaron Paul (Jesse) également. C’est très jouissif de le voir changer du tout au tout, d’un calme inquiétant à un niveau d’énervement dépassant celui du commun des mortels. Anna Gunn (Skyler), joue aussi très bien. Si vous lisez que les gens la détestent sur Internet, c’est normal, son personnage est plus ou moins fait pour ça à un moment donné. Et si les gens la détestent, c’est qu’elle respecte très bien son rôle. Tous les autres personnages, qu’ils soient principaux, secondaires ou récurrents font très bien leur boulot.

Mon avis

Pas de grande surprise pour vous, j’aime beaucoup la série. Mais ce qui est plus intéressant, c’est d’essayer de comprendre pourquoi les gens en général ou moi aiment. Eh bien, parce que Breaking Bad, tout comme Game of Thrones, arrive à faire de chaque épisode un mini-film, un chef d’œuvre à chaque fois.

Parce que Breaking Bad, c’est en fait un sans faute. Idéalement il faudrait me refaire la série en entier pour le savoir réellement, mais je ne me souviens pas d’avoir vu une saison complètement en dessous des autres. Cette qualité constante qui nous permet de ne pas décrocher en plein milieu de la série. Et pourtant je peux vous dire qu’après avoir lu le synopsis, j’étais pas spécialement emballée à l’époque. « M’ouais, une série avec de la drogue et ses dealers, c’pas trop mon délire » me disais-je, sauf que c’est tellement plus que ce que le synopsis peut vous raconter en deux-trois lignes.

La première saison, même si elle ne contient que sept épisodes, met les choses en place, doucement mais sûrement. Parce qu’aussi Breaking Bad, c’est ça. C’est un rythme assez lent, mais qui rend les moments importants encore plus marquants. La lenteur met aussi en valeur tous ces magnifiques plans que l’on peut avoir : l’infinité du désert, le regard des personnages, leur solitude au milieu de pas grand chose, et j’en passe. Y a pas à dire, visuellement parlant, c’est beau, très beau. Et ce rythme lent n’empêche pas le fait que des choses se passent, loin de là. On peut observer l’évolution des relations entre les personnages et ainsi que celle des personnages eux-mêmes. Eh oui, y a eu du changement dans la série, non pas au niveau de la qualité, mais au niveau de ce scénario qui fait monter d’un cran la pression pour Walt et Jesse à chaque saison. Ce sont ces choix de plus en plus durs qu’ils ont à faire pour protéger leur entourage et eux-mêmes. Breaking Bad, c’est aussi ces longs silences pendant plusieurs minutes qui mettront sublimement en abyme les situations concernées.

Spoilers sur la fin de saison 4 et la saison 5

Attention spoilers ! Ne pas lire si vous n'êtes pas à jour... ou que vous vous en foutez de savoir la suite !

Attention spoilers !
Ne pas lire si vous n’êtes pas à jour… ou que vous vous en foutez de savoir la suite !

Parlons concrètement des faits maintenant. J’aimerais revenir sur le génie de la fin de la saison 4 tout d’abord. Vous savez, le p’tit vieux et son « ding-ding, motherfucker », Gus Fring, Los Pollos Hermanos, tout ça tout ça. Vous souvenez de la tronche de Fring dans les dernières secondes ? Ouais. Ca. Bah ça, ça m’a vachement marqué. C’était juste tellement bien amené (tout comme toutes les grandes étapes marquantes de la série d’ailleurs). Encore une fois, ma mâchoire a touché le sol de mon antre télévisuelle. Comme Dexter arrivait à le faire dans ses débuts, sauf que Breaking Bad, avec son rythme plus lent, amène le tout avec beaucoup plus de subtilité.

Abordons maintenant cette saison 5. Tout d’abord la 5.1 (de l’épisode 1 à l’épisode 8 compris). Je crois que dès le premier épisode, on sentait une saison encore plus sombre et noire que les précédentes. La fin du chef d’oeuvre se met en place à chaque épisode, ajoutant une pierre à l’édifice à chaque fois. Et pour certains épisodes, c’est même dix pierres que l’on met d’un coup. Ce qui m’a marqué dans cette première partie de saison, c’est cet épisode avec le train (5 ou 6, je sais plus). C’est encore une fois très bien géré, avec toute cette pression que les personnages avaient sur les épaules. Puis vient la fin de l’épisode 8, avec la découverte de Hank. Et tout ça sur les chiottes, s’il vous plait ! J’pense qu’on aurait pas pu avoir mieux. J’suis même sûre que si Hank découvrait Walt sur le fait en train de cuisiner, ça aurait eu moins d’impact que ça.

Vient enfin la saison 5.2. Celle que j’ai attendu près d’un an pour voir. Ca a été long de patienter, mais bordel qu’est ce que c’était bon ! On frôle l’excellence à chaque épisode. Pour moi, là où on la atteint, c’est l’épisode 14, indéniablement. Un épisode tellement fort et qui m’a réellement secoué. L’originalité, c’est d’avoir apporté la mort d’Hank en début d’épisode. C’est curieux, et pourtant c’est génialement maîtrisé. C’est de voir la déchéance de Walt après ça. Beh oui, c’était sa famille avant même que ce soit celui qui le poursuive indirectement depuis deux ans. La scène de la dispute entre Hank, Skyler et Junior était juste magnifique. J’en ai pris plein les yeux. Une scène très très touchante et pourtant tellement violente.

L’avant dernier épisode, c’est le calme après la tempête de l’épisode 14, et avant la tempête du tout dernier épisode. Ce dernier épisode qui est pas si agité au final. Même si la mise en place de la « vengeance de Walt » est très bien produite. Par contre, j’aurais aimé quelque chose qui tire plus vers l’émotion que vers cette vengeance (même si elle était indispensable et qu’il fallait y passer tout de même). J’aurais aimé des moments comme ceux de l’épisode 14. Ce manque d’émotion nous laisse un peu sur notre fin, même si d’un certain côté, toutes les intrigues sont closes.
Malgré cela, le final en lui-même reste très réussi. La fin d’Heisenberg ne pouvait pas être autre chose que celle ci. La fin de son alter-égo, mais la fin de Walt également. Il était dors et déjà condamné à cause de son cancer qui refaisait son apparition. A côté de cela, Jesse est enfin libéré, qui plus est par Walt, symbole de son affection malgré tous ces moments plus que difficiles.

Je voulais revenir aussi justement sur cette relation si complexe qu’il y a entre Walt et Jesse. Un semblant de relation père-fils qui fluctue énormément en fonction des épisodes. Un jour ils sont très liés l’un à l’autre et s’aideront, un autre jour ils s’entre-tueront. Une relation unique du petit écran. La relation de couple entre Walt et Skyler est elle aussi très complexe. Il y a un avant et un après « découverte de la vie cachée de Walt ». Skyler essayera de l’aider, mais elle finira également par le détester à cause de tout cela. Cela n’empêchera pas à Skyler de jeter un regard aimant à Walt lors du dernier épisode, lorsqu’il dit au revoir à Holly. On a donc un épisode final moins spectaculaire que l’épisode 14 de mon point de vue, mais tout de même fort, surtout au niveau de la relation entre Walt et Jesse, grâce à ce geste symbolique.

Le spoiler est fini, tu peux ouvrir à nouveau tes yeux si tu n'étais pas à jour !

Le spoiler est fini, tu peux ouvrir à nouveau tes yeux si tu n’étais pas à jour !

En bref

Breaking Bad, c’est définitivement l’une des meilleures séries de ces dernières années, par sa qualité d’écriture, sa production impeccable, son scénario surprenant, ses personnages uniques. Une série indispensable pour toute personne s’intéressant un temps soit peu aux séries.

Une réflexion sur “Breaking Bad

  1. Pingback: Hors-série – Ces trucs que j’avais oublié (ou presque) dans Breaking Bad | Constu TV – Critique Séries

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