Rectify – Saison 4

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Attention spoilers ! Ne pas lire si vous n’êtes pas à jour… ou que vous vous en foutez de savoir la suite !

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Nous voici avec la quatrième et dernière saison de Rectify. Une série de qualité tout du long bien que j’avais moins apprécié la saison 2 (notamment dû à un rythme de visionnage à un épisode par semaine, pas adapté pour moi pour ce genre de séries !).

On le rappelle, Rectify, c’est une série qui prend son temps, très lente et donc pas faite pour tout le monde. Cette saison de Rectify, je l’ai juste trouvée fascinante jusqu’à ses derniers instants.

Pour commencer, je suis (re ?)tombée amoureuse du générique. Le titre Bowspirit de Balmorhea (en lien en haut de l’article) est superbe, et colle parfaitement à l’ambiance de la série. Ces guitares (banjos peut-être ? Bref des instruments à cordes) s’associent très bien avec les décors de la Géorgie, et les violons donnent un mélange d’émotions, entre nostalgie et mélancolie. Mais avant tout, elle donne une sensation d’espoir, que tout est possible avec le temps. C’est vraiment un très beau générique.

Cette notion d’espoir, de voir vers l’avenir plutôt que de ressasser le passé éternellement, je trouve qu’une réplique d’Amantha dans le dernier épisode la résume très bien : « Doesn’t matter what happens to this point. I mean, it matters. Of course it matters. But nothing will rectify what’s happened.” Une phrase qui m’a marquée, déjà parce que c’est Amantha qui la prononce, et que j’adore Amantha (d’ailleurs Abigail Spencer est dans une nouvelle série depuis la rentrée 2016, Timeless (NBC), je n’ai pas regardé, et j’ai pas spécialement envie de me lancer dans une série de network en ce moment, mais sait-on jamais, un jour !). Mais aussi parce qu’elle comporte tout simplement le titre de la série, et dans cette seule phrase, on résume LE truc important de la série. Tout ça ne rattrapera pas les 19 ans dans le couloir de la mort, les 19 années perdues de Daniel. Pour autant, tout n’est pas encore perdu, et cette saison l’a prouvée, par l’arrivée d’un nouveau personnage, celui de Chloe, interprétée par Caitlin FitzGerald, autre actrice que j’adore dans Masters of Sex où elle l’interprète avec brio Libby Masters. Ayant fini Masters of Sex juste avant de reprendre Rectify, ça m’a fait tout drôle de la voir dans un nouveau rôle, j’ai même eu du mal au début, tant j’étais attachée à son ancien personnage, mais au fil du temps j’ai apprivoisé cette nouvelle personnalité d’artiste bohème qui va créer un lien très fort avec Daniel. C’était beau à voir, car c’était sincère et réciproque, jusqu’au moment où la distance les sépare…

Un autre personnage a fait son apparition assez brièvement, celui de Billy, interprété par Nathan Darrow, alias notre humble Meechum d’House of Cards. Dommage que le filon (non j’ai pas dit « Fillon », relis pour voir) n’était pas un peu plus creusé, le personnage pouvait être encore plus intéressant. Ça faisait plaisir de le revoir cependant !

Daniel a fait un énorme bond en avant grâce à cet espèce de nouvelle colocation de réinsertion. En s’insérant dans la vie active et en communiquant avec d’autres ex-prisonniers, il reprend de plus en goût à la vie. Il reste réservé, c’est maintenant dans sa nature, mais il se livre bien plus, avec eux, avec sa famille, avec Chloe.

Deux autres personnages qui ont fait un énorme bond en avant également, c’est Tawney et Teddy, c’est assez dingue. Teddy était insupportable en début de série, et très macho dans sa relation de couple avec Tawney. Depuis, c’est un homme complètement différent, depuis que lui et Tawney se sont séparés. Oui il a peur d’être seul, mais ça a eu un effet extrêmement positif sur tout le reste, se donne des nouveaux objectifs de vie, notamment au niveau de son travail : non il n’a pas envie de bosser dans la vente de pneus toute sa vie (j’avoue moi aussi ça me ferait iech). Et Tawney quant à elle a repris des études d’infirmière et est aide-soignante en attendant d’être diplômée. Un métier où elle apprécie son contact avec les gens, et qui lui fait également le plus grand bien. Elle s’épanouit dans ce milieu et est enfin libre, libre de Teddy. Et même si ils vont divorcer, ils resteront liés l’un à l’autre, on voit que ça les déchire en eux, surtout Teddy, mais c’était inévitable. Leur relation est maintenant beaucoup plus saine. Clayne Crawford et Adelaide Clemens ont été excellents dans ces rôles.

En arrière-plan, l’évolution de Ted Sr. se fait également ressentir, lui qui ne dévoile pas ses émotions habituellement se dévoile un peu plus vers la fin de saison. En fait c’est là où l’on voit que même s’il n’est pas très expressif, il aime sa femme Janet et réciproquement. Janet essaye toujours d’être présente pour sa famille, au téléphone avec Daniel, de se rattraper pour avoir laissé Amantha de côté. Janet est une bonne mère, simplement, l’absence de Daniel faisait que sa tête était ailleurs.

J’ai beaucoup aimé l’allégorie de Teddy et du bonhomme gonflable devant la boutique de pneus à la fin de l’épisode 6. C’est tout bête, et pourtant ça fait son effet sur moi. J’ai aussi aimé ces derniers flashbacks dans le season finale où certains plans sont bien foutus, nous poussant presque à croire que la cellule entre celle de Daniel et son voisin détenu est la même, mais les plans suivants nous le rappellent bien qu’ils sont malheureusement séparés.

Pour terminer, on a une forme d’happy ending pour Daniel : l’enquête est à nouveau suivie, pour refaire les choses comme elles auraient dû être faites 20 ans plus tôt, en interrogeant tous les suspects malgré le fait que Daniel dise qu’il soit coupable. Les preuves vont bien dans le sens de l’innocence de Daniel. Même s’il ne dira jamais textuellement être innocent, car il ne se souvient pas de ce moment, il reste innocent, car on le voit pas, Daniel n’a pas une once de méchanceté. Il a juste été détruit par la prison et essaye malgré tout de se reconstruire. Cette fin était tellement belle, on ne sait pas bien si c’est une hallucination ou une vraie scène, mais peu importe au fond. Daniel dans les champs avec Chloé et son bébé sous un soleil radieux, c’est tout ce dont on espérait pour Daniel, le soleil rimant avec une suite positive.

Une boucle bouclée tout en ayant une fin légèrement ouverte, c’est ce qu’on appelle une belle et vraie fin. Avec du recul, un revisionnage ne serait pas de trop, étant passée à côté de la saison 2, et essayant de recoller les morceaux avec la saison 3. Regarder les quatre saisons à la suite est, je pense, une toute autre expérience. Une histoire avec un début et une fin, un rythme de narration lent mais riche en émotions, notamment cette saison 4. Les scènes à fleur de peau sont nombreuses, les larmes n’ont pas coulé, mais presque, avec les deux derniers épisodes. Rectify est un drame familial « ++ », toute la storyline de Daniel étant évidemment ce qui en fait sa spécificité. Elle m’aura presque pris au cœur comme Six Feet Under l’a pu faire il y a quelques années et peut se ranger dans ce même tiroir des séries dramatiques prenant leur temps et mettant l’accent sur la personnalité et psychologie des personnages principaux. Rectify restera je pense une petite pépite pas très connue du grand public en France mais appréciée par les sériephiles en herbe, en quête de situations poignantes.

Au revoir Rectify, je ne pensais pas à ce point, mais tu me manqueras. Tu auras été touchante jusqu’à la dernière seconde, sous un ciel ensoleillé que Daniel méritait tellement depuis tant d’années.

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